Management

TPE/PME à La Réunion : plan 30 jours pour la trésorerie

Sur le terrain réunionnais, les dirigeants de TPE/PME posent la même question : faut-il encore concentrer l’effort sur les tensions de trésorerie liées au PGE, ou réallouer les priorités ?

La réponse est nuancée. Les remboursements ont bien progressé, mais les dossiers restants peuvent devenir critiques quand la trésorerie est déjà tendue. L’enjeu n’est pas de dramatiser. L’enjeu est d’activer rapidement la bonne porte d’entrée et de structurer un plan d’action sur 30 jours.

Ce que montrent les signaux 2025-2026 pour les dirigeants à La Réunion

Premier point clé : fin septembre 2025, 80,5 % des encours PGE étaient remboursés. Ce chiffre aide à éviter les raccourcis. Non, toutes les entreprises ne sont pas en impasse. Mais oui, une partie reste exposée : la Banque de France cite parmi les motifs d’inéligibilité des situations financières trop dégradées (fonds propres négatifs, risque de cessation de paiement).

Deuxième point : la médiation du crédit a traité 1034 dossiers éligibles en 2025, avec 64 % de succès et environ 5 100 emplois préservés. Pour un dirigeant, le message est concret : des solutions existent quand la démarche est lancée assez tôt, avec un dossier clair.

Troisième point : les demandes concernent majoritairement des TPE, avec une forte présence du commerce et de la construction. Ce profil correspond à la réalité locale. À La Réunion, l’impact conjoncturel du cyclone Garance en 2025 a aussi pesé sur l’activité et la trésorerie de nombreuses entreprises. Ce n’est pas l’unique cause, mais c’est un accélérateur de tension.

Quelles solutions activer immédiatement à La Réunion

Si votre sujet principal est le PGE, la règle opérationnelle est simple :

  • PGE <= 50 000 EUR : entrée via la médiation du crédit.
  • PGE > 50 000 EUR : orientation vers le CDED.

Le cadre de restructuration PGE est prolongé jusqu’à fin 2026. Cette fenêtre existe, mais elle ne restera pas ouverte indéfiniment. Plus vous attendez un incident de paiement, plus votre marge de manœuvre se réduit.

Pour limiter les allers-retours, préparez un dossier court et lisible : situation de trésorerie, échéancier des dettes, priorités de paiement, actions déjà engagées. L’objectif n’est pas de produire un mémoire. L’objectif est de permettre une décision rapide.

Contacts utiles (version officielle)

  • TPE974@iedom.fr
  • codefi.ccsf974@dgfip.finances.gouv.fr
  • rachid.darbaky@reunion.gouv.fr

Point de vigilance pratique : la page préfectorale de référence mentionne TPE974@iedom.fr comme adresse officielle à retenir.

Enfin, si la tension dépasse le seul sujet bancaire, il faut activer d’autres leviers en parallèle :

  • la CCSF pour demander des délais sur les dettes fiscales et sociales ;
  • la prévention tribunal pour échanger en amont et éviter la rupture d’exploitation.

Ces dispositifs sont des outils de prévention. Les mobiliser tôt change concrètement la qualité des options disponibles.

Aides régionales : quoi mobiliser, et quoi formuler avec prudence

En complément du pilotage de trésorerie, plusieurs dispositifs régionaux sont confirmés et mobilisables :

  • le soutien exceptionnel post-Garance pour les pertes d’exploitation et de stocks ;
  • le dispositif FAIRE, avec 44,8 MEUR mobilisés ;
  • l’AMI Innovation 2026, avec un volet preuve de concept et un volet renforcement des fonds propres pour les JEI.

Lecture dirigeant : ces aides peuvent soulager ou accélérer un projet, mais elles ne remplacent pas un pilotage hebdomadaire du cash.

À l’inverse, deux formulations doivent rester prudentes tant qu’elles ne sont pas confirmées par une source publique récente :

  • « FRG garantit 35 % » ;
  • « Plan PARE » comme dénomination officielle.

Sur ces points, la bonne pratique est simple : vérifier directement avec l’organisme instructeur avant d’arbitrer.

Plan d’action 30 jours pour un dirigeant TPE/PME

Étape 1 (J1-J7) : objectiver

Mettez à plat un plan de trésorerie 13 semaines : encaissements attendus, échéances PGE, dettes fiscales/sociales, créances clients sensibles. Fixez un seuil d’alerte interne (jours de trésorerie disponibles, par exemple) qui déclenche une action immédiate.

Étape 2 (J8-J21) : activer la bonne porte d’entrée

  • Pression PGE/bancaire : médiation ou CDED selon le seuil 50 kEUR.
  • Pression fiscale/sociale : saisine CCSF en parallèle.
  • Risque de blocage structurel : prévention tribunal sans attendre l’impasse.

À ce stade, priorisez la vitesse et la clarté. Un dossier imparfait mais structuré vaut mieux qu’un dossier « parfait » déposé trop tard.

Étape 3 (J22-J30) : combiner financement et pilotage

Assemblez un plan réaliste : outils bancaires, dispositifs publics utiles, arbitrages opérationnels (charges, recouvrement, priorisation commerciale). L’objectif en un mois n’est pas d’effacer toutes les tensions. L’objectif est de retrouver de la visibilité et d’éviter la rupture de paiement.


Conclusion actionnable

Cette semaine, prenez 90 minutes avec votre équipe finance (ou votre expert-comptable) pour trancher un point unique : quelle porte d’entrée active-t-on avant vendredi ? En synthèse des sources ci-dessus, les interlocuteurs et cadres de traitement sont identifiés à La Réunion. La vraie différence se joue sur le timing et la qualité du dossier.

Sources